GoPro Karma
1400Un bon drone pliable mais un peu cher
Excellente autonomie de 4 jours
Solide et étanche IP68
Beaucoup de capteurs, parfait pour le sport

GoPro, bien connue dans le monde des caméras d’action, a essuyé quelques revers lors du premier lancement de Karma aux Etats-Unis en 2016. Ils n’ont pas abandonné pour autant l’idée de conquérir le marché des drones pour professionnels et particuliers et ont repris le lancement du drone Karma, revu et corrigé, conçu autour de son action-cam la GoPro Hero5 Black.

Design et accessoires

Ce quadricoptère vise de sans conteste le marché haut de gamme avec un prix de base, sans caméra, affiché à 999,99€. Le karma est différente des autres drones dans sa conception : il est composé d’éléments détachables. Le drone dispose d’une silhouette allongée, les bras et le double train d’atterrissage sont pliables. Les accessoires de support de la caméra sont une nacelle stabilisée électrique à 3 axes et une perche à main active ou Karma Grip. La nacelle est conçue pour accueillir la caméra GoPro Hero 5 black, mais elle est également compatible avec une GoPro Hero4 Silver ou Black. Le kit est complété par la radiocommande, et le chargeur de batterie muni de câble secteur et câble USB. Les dimensions du Karma sont de 365,2 x 224,3 x 89,9 mm. Le poids du Karma est de 2kg, la radiocommande est de 625g, le Grip est de 250g et le sac est de 1.7kg, le tout faisant un poids total de 4.575kg. Le premier constat, est que les dimensions du Karma sont assez imposantes et le poids total assez pesant. Ce qui ne le rend pas facile à porter et le désavantage, par rapport à son plus proche rival, le Mavic Pro, qui est d’une compacité extraordinaire.

Le Karma est présenté dans une valise matelassée, élégante et mince pour le protéger. La valise dispose de lanières lui permettant d’être porté dans le dos. Quand à son design, les matériaux sont de bonnes qualités et la solidité est vérifiée à l’usage. L’esthétique est d’abord agréable et n’est pas gâché par un usage excessif de plastique. La ligne est plutôt filiforme. La surface au dos du drone sur lequel le nom de la marque est imprimé, est recouverte de caoutchouc qui lui offre un toucher plaisant et un excellent grip. La radiocommande jouit également d’un revêtement très agréable et séduisant, de même sa prise en main est probante. Elle est dotée d’un écran de contrôle en couleur et tactile. Les bras du drone, par contre, paraissent creux et l’appareil, un peu léger, une fois la batterie retirée.

Manipulations

Pour démarrer le Karma, il faut d’abord déployer les bras et les trains d’atterrissage, puis visser les hélices. Les hélices sont des 10 pouces de type auto-serrantes. Elles sont différenciées selon un code couleur, noir ou argent, pour faciliter leur attribution.  Il faut ensuite glisser la batterie dans l’ouverture située sur le ventre, dans la partie postérieur du drone. Les commutateurs sont situés à la pointe avant de la batterie auxquels s’ajoutent 4 diodes et un bouton. La fonctionnalité  de ce bouton est que d’une simple pression dessus indique l’état de charge.  On passe ensuite au démarrage de la radiocommande, qui avec son écran de 5 pouces vous fournit un retour vidéo en 720p. Par la suite le drone est mis sous tension. Pour cela, on appuie sur le bouton placé sur le dessus du Karma.

La caméra HERO 5 Black sera installée sur la nacelle, qui est pourvue de 3 axes garantissant sa stabilité. La base de la nacelle est implantée sur un amortisseur doté d’un anneau d’arrêt, qui restreint les vibrations. La caméra GoPro est emboîtée dans un boîtier dégagé à l’avant pour laisser le champ libre à l’objectif et à l’écran monochrome, et à l’arrière, pour faciliter l’accès à l’écran tactile couleur. La caméra peut tout aussi bien être agencée sur la perche à main. Ce procédé procure de superbes images tant en vol, qu’au sol. Sur la radiocommande, le bouton Mode fait passer du mode Vidéo au mode Photo, puis au mode Accéléré Photo, le bouton rouge lance la prise de vues et on accède aux autres commandes s’effectuent avec l’écran tactile.

La radiocommande est équipée de deux petits joysticks avec un retour au neutre. On aperçoit un bouton on/off pour l’allumer et l’éteindre, un bouton start/stop pour démarrer les moteurs, et un bouton de décollage. A l’arrière, il y a un bouton pour déclencher les prises de vues, le bouton Mode, et une molette affectée au contrôle de l’amplitude de la nacelle. Une rainure décentrée permet de fixer une lanière à boucle. Toutes les autres fonctions sont accessibles directement sur un écran tactile de 5’’. Les menus et les unités de type métrique de la radiocommande sont en français mais les alertes vocales sont en anglais. L’écran peut commander la luminosité de lui-même ou on peut la régler soi-même. En extérieur, exposé au soleil, l’écran est correctement lisible.

Pilotage

Une fois la radiocommande démarrée, on allume le drone. La liaison drone-radiocommande se fait rapidement. Il faut alors calibrer le drone avec le GPS pour le positionnement. La stabilisation est gérée par un système GPS/Glonass. Il faut appuyer sur le bouton cerné en vert de la radiocommande pour lancer les moteurs du drone. Effleurer l’icône dédié à l’écran fera décoller le Karma qui se positionnera en vol stationnaire à près d’1 mètre du sol. Des signaux lumineux clignotants situés à l’avant et à l’arrière du drone indiquent sa position. On déclenche alors le retour vidéo de ce que la caméra filme. Les informations de télémétrie sont affichées en surimpression et signalent l’autonomie, la hauteur, la distance à laquelle se trouve le drone. On y affiche aussi les différents réglages de prise de vue, ainsi qu’un radar pour situer le drone par rapport à notre position.

Le Karma dispose de peu de paramètres de vol automatisés et il faudra se satisfaire des modes Dronie, Cable Cam, Panorama et Orbite. Une fois en vol, une icône devient active à l’écran. Elle donne accès aux fonctions de vol automatisées, appelées Trajectoires automatiques. Pour la fonction Dronie  un genre de selfie mais avec un drone, placez le Karma face à vous, en ajustant la caméra pour être dans le champ. L’appareil s’éloignera à reculons tout en vous fixant au centre de l’image puis il revient. Pratiquer la même opération manuellement serait assez complexe. Avis positif pour cette fonction, à la fois d’utilisation facile et très efficace ! Le mode Cable Cam est inspiré de l’industrie cinématographique qui consiste à disposer un câble entre deux points. Ici, le Karma va voler comme s’il était suspendu et tracté sur un câble virtuel. En même temps, vous avez la liberté de diriger l’orientation de la caméra ainsi que son inclinaison. Pour ce faire, faite voler le Karma vers un point A, puis un point B. Le Karma volera ensuite tout seul mais vous adopterez la vitesse de la manœuvre. Cette fonction est également très efficace. Le mode Panorama consiste à ce que le Karma vole automatiquement, avec au départ la caméra orientée vers le bas. A mesure qu’elle avance vers son point d’arrivée, la caméra va se redresser progressivement afin dévoiler le paysage. Il faut spécifier au préalable un point d’arrivée, puis placez le Karma à son point de départ. Pour le mode Orbite, positionnez le Karma au-dessus d’une cible avant de l’éloigner et de démarrer la fonction. Le Karma volera en révolution dans le sens des aiguilles d’une montre, tel un satellite en orbite autour de sa planète. Vous pouvez contrôler la vitesse, l’altitude et la rotation, vous rapprocher ou reculer du Karma.

Les trajectoires automatiques sont efficaces, et elles peuvent toujours être interrompues avec la touche pause à l’écran. GoPro ne dispose pas encore du 3D Tracking, le Tap Fly ou le Follow Me. Ce qui est regrettable. Il aurait été préférable d’intégrer ces modes directement au vu de la vocation ludique du produit. Toutefois, GoPro certifie œuvrer à une mise à jour qui adoptera quelques un de ces modes.

Le drone Karma n’est pas un racer, mais est plutôt un quadricoptère conçu pour le vol de croisière et la promenade aérienne. Equipé de quatre moteurs brushless, il est capable d’atteindre une vitesse maximale de 55 km/h et en contre vents cette vitesse va jusqu’à 36 km/h. Pour démarrer les moteurs, maintenez appuyé le bouton Start/Stop pendant 3 secondes, puis sur le bouton de décollage. Une fois en vol stationnaire, le Karma patiente avec stabilité en attendant les instructions. Les joysticks de la télécommande réagissent précision. Au cours d’opérations, tels des vols à basse altitude ou des descentes en virage, le Karma s’exécute sans à  coup, se dévoile réactif et stable. On note cependant une latence temporaire, non gênante, en début d’exécution de quelques manœuvres comme une descente en rotation.

Pour accomplir des vols automatisés avec les modes Panorama ou Cable Cam, il est indispensable de procéder au tracé et consigner les points de passage, au préalable. Il aurait été plus simple de pointer du doigt directement les points d’intérêts sur l’écran de l’interface tactile. Le menu Cartes de la radiocommande est affecté au téléchargement à l’avance  des cartes de votre zone de vol afin que vous les ayez sur le terrain même si vous n’êtes pas connecté à Internet. Ce service permet également de situer les nofly zones ou zones interdites de vol. Les zones marquées en rouge représentent les lieux où il est absolument prohibé de décoller, les zones en jaune sont des zones à risque. La portée de la télécommande est conforme aux normes CE, octroyée pour 1 km.

En vol stationnaire, le Karma conserve assez correctement sa position horizontale. Il peut toutefois dévier avec une amplitude de 2 mètres. Mais c’est surtout au niveau l’altitude qu’il varie beaucoup, en montant parfois jusqu’à 3 ou 4 mètres, puis en redescendant au ras du sol, pour ensuite arrêter les moteurs. Au point qu’il n’arrive pas toujours à rester en l’air si on le laisse gérer son vol stationnaire tout seul sans prendre les commandes. Le Karma se réfère exclusivement au GPS et au baromètre altimétrique étant donné qu’il ne dispose pas de capteurs de proximité du sol, tels un sonar, une caméra verticale ou de capteur IMU. D’ailleurs, la gestion de la hauteur étant imparfait, les atterrissages automatisés sont souvent brusques. Le drone touche le sol assez vite, sans ralentir, contrairement à ses concurrents. Il faut savoir que le drone Karma n’est pas non plus équipé de système de détection d’obstacle, ce qui l’expose à de réels risques de crash ou de collisions.

La législation Française circonscrit la distance maximale d’éloignement à 1Km et la hauteur maximale de 150m. Le drone est pourvu d’un système de limitation de capacité conformé à ces valeurs qui peut être désactivé. Mais pour plus de sécurité, il est préférable de respecter la limitation et de toujours conserver le drone à portée de vue.

Pour atterrir il suffit simplement d’appuyer sur la touche Atterrir de la radiocommande. Le Karma va descendre jusqu’à toucher le sol et vous n’aurez plus qu’à attendre que les moteurs s’arrêtent. Sinon vous pourrez aussi utiliser la fonction Return to home. Le logiciel vous propose soit de revenir à son point de décollage, soit de  retourner vers vous. La précision à l’atterrissage est fluctuante, vu que le Karma a atterri plusieurs mètres plus loin que son point de décollage.  Le RTH peut être stoppée à tout moment si vous souhaitez reprendre les commandes. Sachez que si l’appareil est un assez éloigné du point d’arrivée, il monte d’abord à 30 m avant d’amorcer son retour, puis sa descente. Tout en effectuant  sa manœuvre, les commandes du Karma peuvent être corrigées en modifiant la trajectoire, ou en exécutant un atterrissage de précision. Lorsqu’il détecte que la batterie est faible, le Karma entreprend par lui même un retour automatisé. Il procède de même lorsque la liaison avec la radiocommande est coupée. Une fois la pratique de vol achevée, on peut dévisser d’un simple quart de tour la gimbal du drone pour fixer la caméra sur le grip et continuer à filmer nos péripéties au sol.

Qualité d’image

La caméra GoPro Hero5 Black est indépendante. Cette action-cam est d’une grande polyvalence et qui plus est, elle est étanche même sans caisson. La Hero5 dont on a équipé le Karma de notre test est équipée d’un capteur 1/2,3″ de 12 Mpx, et surtout, elle capture des images avec un angle de champ allant jusqu’à 130°. Quand elle filme, elle propose les résolutions suivantes : le mieux, en 4K (3840 x 2160) à 30 images par seconde, en 2,7K (2704 x 1520) à 60 images par seconde, toujours en 2,7K mais 4:3 (2704 x 2032) à 30 images par seconde, en 1440 (1920 x 1440) à 80 images par seconde, en Full HD (1920 x 1080) à 120 images par seconde, et enfin en HD Ready (1280 x 720) à 240 images par seconde. Dans la pratique, elle jouit d’une stabilisation numérique avec le mode Linear. Elle peut utiliser ce mode pour filmer en HDTV 1080 60p et 2,7K 60p, et rectifier la forte distorsion générée par son large angle de vue, permettant ainsi d’avoir un point de vue plus naturel. Même si la qualité d’image en HDTV 1080p est satisfaisante, des artefacts de compression sont perceptibles dans les détails. Il est davantage préférable de filmer en 2,7K ou en 4K pour exploiter au mieux les qualités du capteur. L’expression des couleurs est  supérieure et les plus fins détails sont décelés sans que l’intensité ne paraisse artificielle. On a constaté également la possibilité de filmer en mode Protune pour régler manuellement les transitions d’exposition et éviter le mode automatique pour ce paramètre. Nous déplorons, comme on s’en doute, que la caméra ne filme pas en 4K 60p, mais seulement en 30p. Ce qui procure  une belle avance à DJI avec son capteur 1 pouce et sa 4K 60p, mais toujours est il, le rendu des couleurs est admirable.

La stabilité de la nacelle est vraiment avérée dans la pratique, la caméra demeure immobile même si le Karma est remué vigoureusement, ou encore durant un vol dans le vent. Pourtant, il apparaît généralement que suite à une rotation un peu rapide, la caméra penche de quelques degrés. L’emplacement de la caméra située en avant par rapport aux moteurs permet d’écarter les hélices du champ. Mais c’est sans compter les réglages grand angle de la GoPro et la nacelle qui est à l’horizontale, rendant les hélices tout de même visibles à l’image. Malheureusement, l’inclinaison est restreinte à 0° horizontalement et à 90° verticalement, ce qui empêche d’orienter la caméra un peu plus vers le haut.

Lors d’usages photo, la qualité de l’image est indéniable. Les photos sont précises, dévoilent une remarquable colorimétrie et une dynamique convenable. Seulement, il ne faudra pas réaliser des images en dépassant 800 ISO, sinon des grains disgracieux vont apparaître à l’image.

Une initiative intéressante, qui confirme le positionnement ludique du système Karma vient du logiciel de montage gratuit Quik qui permet d’automatiser un montage vidéo. Le logiciel de montage Quick détectera automatiquement des HighLights qu’il va enregistrer quand on appuie sur le bouton de droite, à côté de celui de l’alimentation. Le drone Karma est également muni d’une application assez amusant, le Passenger. Elle est compatible avec les Smartphones et tablettes sous Android et IOS, et permet de relier votre appareil à la radiocommande du drone qui acquiert ainsi un retour vidéo en live des prises de vue réalisées par le drone.

La qualité d’image, en drone comme en grip est dans la lignée de ce que GoPro nous a habitués. Que ce soit en 4K ou en photo, elles sont très réussies, avec une profondeur agréable, et une netteté de belle qualité surtout grâce à une bonne gestion de l’exposition, de la colorimétrie et à une bonne dynamique.

Autonomie

Le Karma est fourni avec une batterie LiPo 4S de 14,8 V produisant 5 100 mAh. Ce qui lui procure une autonomie annoncée de 20 minutes. Au cours du test, après 18 minutes de vol tout en tournant sans interruption en 4K, une alerte vocale nous ordonne de revenir à la base et atterrir. Pour recharger la batterie, GoPro livre un chargeur secteur équipé de deux prises dont l’une recharge la batterie et l’autre en USB type-C recharge la radiocommande. Il est possible de recharger les deux en même temps. Il faut compter environ 1 heure pour parvenir à une pleine charge pour la batterie du drone, deux heures et demie pour le contrôleur et deux heures pour le grip. Le grip, une fois chargée, propose une autonomie de 1h45. Cette autonomie indiquée n’est pas mauvaise, toutefois là encore, elle n’est pas à la hauteur des pratiquement 27 minutes de vol du Mavic Pro. Il faut savoir que la batterie du Karma alimente également la GoPro. On peut ainsi continuer à utiliser la caméra même si sa batterie est vide, ou dans le cas où la batterie est retirée, pour s’épargner son poids d’environ 25 grammes.

Le design du Karma de GoPro est plutôt agréable. Au lieu d’être fixé sur une structure monobloc, ici les différents éléments sont déployés autour du Hero5 Black pour fournir au Karma une modularité intéressante. Le kit complet permet de réaliser des prises de vues dans quasiment toutes les conditions, en vol comme au sol, et sous presque tous les angles. La qualité des images est réellement excellente avec le 4K ou le HDTV. L’utilisation est simple et sa qualité de fabrication lui assure une bonne solidité. Par contre, pourrait être plus compact et son autonomie devait être améliorée. Le drone Karma, présente également quelques lacunes concernant les modes de vol automatiques. D’ailleurs, le Return To Home manque de précision. Bref, les résultats du test montrent que le Karma est en général plaisant malgré quelques lacunes que GoPro pourrait améliorer pour devancer le Mavic Pro, son principal concurrent.

Avez-vous apprécié ce test ?

Nous espérons que le test du drone Karma de GoPro vous a été utile et que vous en savez dorénavant plus sur ce drone pliable ! Si c’est le cas vous pouvez voter et laisser on l’espère une très bonne note 🙂

Test du drone Karma de GoPro
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